Parc amazonien de Guyane
-A +A
Share
×

Message d'erreur

Notice : Undefined offset: 2 dans include_once() (ligne 94 dans /var/virtual_www/pnf/mutweb/prod/repository/themes/custom/pnf/template.php).

Patrimoine culturel immatériel

Les communautés du sud de la Guyane sont des communautés de tradition orale, pour lesquelles le patrimoine culturel immatériel revêt beaucoup plus d’importance que le patrimoine culturel matériel.

 

Expressions orales

Première manifestation de la richesse du patrimoine culturel immatériel, les expressions orales sont multiples au sein de toutes les populations autochtones et locales du sud de la Guyane.

Au premier rang d’entre elles, les langues parlées sur le territoire du Parc amazonien, six des douze langues de France de Guyane, constituent une part importante de l’identité des communautés et sont au cœur des processus de création artistique et culturelle. Elles sont pourtant toutes, à l’exception du créole guyanais, en situation fragile. Sur le territoire du Parc national, les langues amérindiennes se partagent en deux groupes. Les langues wayãpi et teko appartiennent à la famille linguistique Tupi-Guarani. La langue wayana appartient quant à elle à la famille linguistique caribe. Les Noirs-Marrons de Maripa-Soula et Papaïchton parlent l’aluku, créole à base lexicale anglaise.

Les autres langues parlées dans le sud de la Guyane sont le français, le créole guyanais, les créoles antillais et saint-lucien, le hmong (reconnue langue de France) et bien d’autres langues d’immigration, au premier rang desquelles le portugais du Brésil et le néerlandais du Surinam. La plupart des habitants sont multilingues et les nombreux échanges enrichissent la langue des uns et des autres.

Béatrice, Aluku de Maripa-Soula
Episéulu, Wayana de Taluen Maripa-Soula
Arsenn Saïfa, artiste originaire de Papaïchton
Hervé Tolinga et Papa Pinson, Aluku de Papaïchton
Sandra, Wayampi de Camopi
Lulu, créole de Saül
http://www.populationsdeguyane.fr/

Ce site internet est une plateforme multimédia valorisant les groupes socioculturels de Guyane à travers une présentation de leur histoire, de leurs langues ainsi que leurs places dans la société guyanaise contemporaine. Il ne s’agit pas d’une liste exhaustive, mais du fruit des recherches menées au fil des ans​ par différents spécialistes.

Capitaine Toko-Toko, Wayana d'Elahe Maripa-Soula

Parmi les expressions orales, le conte est très présent au sein des cultures des populations de Guyane et du sud en particulier. Les contes permettent de transmettre les récits du passé de génération en génération. Ils couvrent les mythes de la création, les légendes issues de faits véridiques et accordent en général une place importante à la nature. Ils livrent des informations sur la vision du monde et la spiritualité des communautés qui les transmettent.

 

Musique et danse

De même, la musique et la danse sont, à bien des égards, révélateurs de la cosmogonie des communautés qui les pratiquent et des liens qu’elles ont avec l’environnement. Par exemple, les grands chants wayãpi et les danses associées mettent en scène les animaux que l’on trouve dans les contes. Les tulé, clarinettes en bambou fabriquées par toutes les communautés amérindiennes présentes sur le territoire du parc national, sont fabriquées par les musiciens pour le temps des cérémonies ou des festivités. Les traditions musicales aluku sont très vivaces. Percussions et danses sont pratiquées en de nombreuses circonstances. 

Ces cultures sont le ferment de la créativité d’aujourd’hui. De nombreux groupes de danse et de musique actuelles formés dans le sud de la Guyane développent leur expression en puisant dans les répertoires anciens et utilisant leur propre langue (groupe de musique de Camopi Tekomakan, groupe de danse Mi sa libi de Maripasoula, groupe de musique Wan ton melody de Papaïchton et bien d’autres).

 

Connaissances et pratiques concernant la nature

Les connaissances et pratiques concernant la nature sont partout présentes dans les cultures des populations autochtones et locales du territoire du Parc amazonien. La connaissance des espèces végétales transparaît à travers la pharmacopée, les pratiques culturales ou l’artisanat, celle des espèces animales à travers les pratiques de chasse et de pêche. Par exemple, la nivrée est une pratique de pêche traditionnelle amérindienne qui consiste à utiliser la substance toxique contenue dans une certaine liane pour empoisonner les poissons sur une partie d’un cours d’eau.

 

Pratiques sociales et rituels

L’organisation sociale et politique et les pratiques sociales font partie intégrante de la culture. Les communautés vivant sur le territoire du Parc national ont chacune leur propre mode de gouvernance, leur propre organisation sociale et leurs propres rites et rituels.

La gouvernance même du Parc prend en compte la structuration des sociétés concernées, en développant des liens privilégiés avec les autorités coutumières.

Les pratiques sociales, qu’elles s’expriment à travers les rapports intergénérationnels ou entre hommes et femmes, les formes de transmission, la gastronomie, la peinture corporelle ou encore le tressage des cheveux, constituent toutes ensemble l’identité des communautés d’habitants.

Les rituels, notamment les rituels de passage, sont vivaces dans les communautés amérindiennes et aluku et sont des moments privilégiés de transmission culturelle. La sauvegarde de ces éléments du patrimoine culturel immatériel est donc cruciale. Ainsi, le rituel du maraké wayana-apalaï a été inscrit à l’Inventaire français du patrimoine culturel immatériel.

 

Savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel

Un large éventail de savoir-faire des populations du sud de la Guyane est lié à l’artisanat traditionnel. Perpétuant des pratiques ancestrales pour répondre aux besoins quotidiens (fabrication de pagaies et de bancs, fabrication de hottes et de paniers, fabrication d’outils de transformation du manioc), les artisans déploient aussi dans leurs réalisations inventivité et créativité afin de répondre aux goûts des potentiels acheteurs du littoral ou d’ailleurs.