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Saül : inventaire naturaliste de la crique Limonade

Une mission scientifique au cœur des milieux les plus singuliers de Saül

Du 26 janvier au 2 février, une mission d’inventaire naturaliste a été conduite sur les rives de la crique Limonade, située à environ cinq kilomètres au sud du bourg de Saül. Portée par le Parc amazonien de Guyane, cette opération s’inscrit dans une démarche de connaissance approfondie des écosystèmes les plus remarquables du territoire communal, proche de la zone cœur du Parc.

crique limonade
Crique Limonade. © Théo Parent

 

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Crique Limonade. © Théo Parent

 

Un cours d’eau stratégique pour la biodiversité

La crique Limonade prend sa source au pied des reliefs du mont Galbao et s’étire sur près de trente kilomètres avant de rejoindre la crique Grand Inini. Son haut bassin est classé ZNIEFF de type I et connecté à la ZNIEFF de type I Roche-Dachine, l’ensemble formant un complexe écologique majeur inclus dans la grande ZNIEFF de type II de Saül.

Ce secteur se distingue par une mixité exceptionnelle d’habitats : forêts de terre ferme, forêts inondables, forêts lianescentes et vastes clairières ripicoles. Ces dernières, soumises à de fortes pluviométries et à des crues régulières, constituent des milieux ouverts rares à proximité immédiate de Saül, dont le reste du territoire est majoritairement composé de collines et de petites criques encaissées. Cette singularité confère à la crique Limonade une valeur écologique tout à fait particulière.

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Crique Limonade. © Théo Parent

 

Une expertise naturaliste pluridisciplinaire

Pour mener à bien les inventaires, les agents du Parc amazonien de Guyane ont été accompagnés par deux experts naturalistes : Quentin Uriot, ornithologue et chiroptérologue, et Augustin Bussac, herpétologue et ornithologue. Leur expertise a permis de diagnostiquer finement le cours d’eau et ses habitats, tout en assurant la mise en œuvre de protocoles d’inventaires adaptés aux différents groupes faunistiques.

Les prospections ont concerné un large éventail de taxons : chauves-souris, oiseaux, reptiles, amphibiens, libellules et mammifères. Cette approche globale visait à mieux appréhender le fonctionnement écologique du bassin de la crique Limonade et à identifier les espèces à fort enjeu de conservation.

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Les agents du PaG accompagnés de deux experts naturalistes, pour un inventaire sur la crique Limonade. © Théo Parent

 

Des résultats remarquables

Les données collectées témoignent de la richesse biologique exceptionnelle du site. Plus de 250 espèces d’oiseaux ont été recensées, dont une dizaine d’espèces rares, étroitement inféodées aux milieux ouverts et aux forêts lianescentes.

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© Théo Parent

 

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© Théo Parent

 

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© Théo Parent

 

Les inventaires herpétofaunistiques ont permis d’identifier plus d’une cinquantaine d’espèces de grenouilles, avec une diversité particulièrement marquée chez les centrolènes, communément appelées grenouilles de verre. Ces espèces, souvent sensibles aux modifications de leur environnement, constituent de précieux indicateurs de la qualité des milieux aquatiques et forestiers.

grenouille de verre
Grenouille de verre. © Théo Parent

 

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Grenouille de verre. © Théo Parent

 

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Grenouille de verre. © Théo Parent

 

Les prospections chiroptérologiques ont quant à elles mis en évidence une vingtaine d’espèces de chauves-souris, parmi lesquelles plusieurs espèces cavernicoles. Leur présence suggère l’existence de zones rocheuses ou de cavités naturelles à proximité de la crique Limonade, ouvrant de nouvelles perspectives de recherche sur la structure géologique et écologique du secteur.

chauve-souris
© Théo Parent

 

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© Théo Parent

 

Des enjeux forts pour la conservation

Cette mission répond directement aux objectifs définis dans les fiches actions de l’Atlas de la Biodiversité Communale (ABC) de Saül. Elle vise à identifier les habitats nécessitant la mise en place de suivis temporels, et à produire des éléments de cartographie de la biodiversité sensible, dans un contexte marqué par la multiplication des pressions liées à l’exploitation aurifère sur certains secteurs du bassin.

Les clairières ripicoles et les grands flats inondables apparaissent, à ce titre, comme des habitats clés, jouant un rôle de refuge pour la grande faune et pour des espèces rares et spécialisées.

Consultez le cahier scientifique du Parc amazonien consacré à l'ABC de Saül en cliquant ici.

Vers un suivi à long terme

Afin de compléter ces premiers résultats, une seconde mission est d’ores et déjà programmée pour juillet 2026, en saison sèche. Cette nouvelle phase d’inventaires permettra de comparer les données entre saisons hydrologiques contrastées et d’obtenir une vision plus exhaustive de la biodiversité de la crique Limonade.

En renforçant la connaissance scientifique de ce site unique, le Parc amazonien de Guyane poursuit son objectif central : mieux comprendre la dynamique des écosystèmes pour mieux les préserver, au service d’un patrimoine naturel exceptionnel et durablement protégé.